Mercredi 3 septembre 2008
Je suis finalement de retour!!! La reprise a été tumultueuse (4 jours de travail et je suis déjà stressée!) et je n'ai pas eu le temps de poster depuis mon retour.  Mille excuses! Je compte bien me rattraper d'ici les prochains jours et vous livrer quelques ''chroniques andines'' de mon cru... Voici la première! Bonne lecture!
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Maudit avion. Maudite compagnie! Je déteste American Airlines. Pas fichus de respecter leurs horaires! Sans compter que leurs satanés sandwichs à la dinde sont infects, en plus d'être hors de prix. J'haïs American Airlines! Quoique ce n'est pas vraiment de leur faute s'il y a une tempête à Miami, et que nous tournons en rond au-dessus de l'aéroport depuis cinquante minutes faute de pouvoir atterrir. De toutes façons, le commandant de bord nous a assurés qu'il y a avait suffisamment d'essence pour tenir encore quelques heures, et même pour retourner à Montréal sans encombre. Sympa, non?

Sauf que moi, ça ne me tente pas vraiment de retourner à Montréal, puisque c'est à Lima que je dois me rendre. Et ça ne me tente pas non plus de continuer à faire des cercles autour de l'aéroport tout en m'empiffrant de sandwichs à la dinde alors que ma correspondance est dans seulement quarante minutes. Pas question de rater mon ''connecting flight''. Je veux atterrir!!! Quoique si mon vol actuel ne peut pas atterrir, il est très probable que l'avion pour Lima ne puisse pas non plus décoller...

***

Ce que je déteste des aéroports, c'est que je vois toujours ma vie y défiler en cinémascope. Qui suis-je? Où vais-je? Que veux-je? Le lieu par excellence des questions existencielles...

Où en est ma relation avec A.? Après le coup des échecs et l'épisode de la bataille navale, j'ai un peu levé le pied. Je me suis dit que j'allais rester avec lui jusqu'à mon départ pour le Pérou et que j'aviserai à mon retour. Mais voilà: dans la semaine qui a précédé mon départ, A. a été tout simplement ''A.dorable'' avec moi. En plus des nuits calines qu'il a insisté pour que nous passions ensemble, il a silloné Montréal en voiture pour me dénicher un sac à dos neuf, et m'a même accompagnée à l'aéroport où tout s'est terminé par un très très long baiser sous l'oeil médusé des douaniers américains. Décidément, je ne sais plus quoi penser...

Et Ex, qui n'est toujours pas venu récupérer ses meubles. S'il ne vient pas d'ici la fin du mois de septembre, je jette tout. Ou mieux: je donne les meubles à un organisme de charité! Non, je ne peux pas faire ça. Je n'en aurai jamais le coeur... Pourtant, il faudrait.

Sans parler de ma carrière. Ou plutôt, de ma non-carrière. Car j'ai beau guetter les opportunités, les postes affichés, rien ne semble se débloquer dans mon domaine. D'ailleurs, est-ce que je veux vraiment continuer à travailler dans ce domaine? Comment avancent les autres? Pourquoi ai-je toujours l'impression de stagner? Pourtant, j'ai un bon salaire. Et certains aspects de mon travail m'amusent. Mais j'aimerais tellement avoir un vrai statut! Un poste, oui, c'est ça! Un poste permanent. J'en ai plus qu'assez des contrats temporaires qui s'accumulent sur mon bureau. Je voudrais un vrai travail, une reconnaissance. Est-ce trop demander?

***

Avec plus de cinq heures de retard, l'avion pour Lima décolle enfin. Lorsque j'arrive à l'hôtel, il est deux heures du matin. Juste le temps de me rafraîchir et de faire un petit somme. La dame de la réception me l'a répété deux fois: le départ du groupe est prévu à cinq heures. À pas de loups, j'entre dans la chambre 304. Jade G. (j'ai lu son nom sur la fiche de l'hôtel) est ma compagne de chambre pour les deux prochaines semaines. Elle émet un grognement sourd lorsque j'allume le néon de la salle de bains. Je remarque que son sac de voyages est posé sur le deuxième lit. Je le soulève et le pose à terre le plus délicatement possible avant de me glisser dans les draps. Jade grogne de nouveau et enfouit sa tête sous les couvertures. Dans la pénombre, je distingue vaguement son corps, un peu gros, un peu trappu. Mon dieu, pourvu que cette Anglaise malcommode ne me déteste pas déjà!

Cette nuit-là, je m'endors avec difficulté. J'ai du mal à réaliser que je suis à Lima, et que dans quelques heures seulement, nous serons en route pour les îles Ballestas...


par Miss Gaby publié dans : Voyages
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Vendredi 8 août 2008

Bonjour,

Je serai absente du bureau du 8 août au 25 août inclusivement. En cas d'urgence, veuillez déboucher une bouteille de rosé et attendre tranquillement mon retour...


Gaby.


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Je ne crois pas vous en avoir parlé, mais je pars en vacances au Pérou pour deux semaines. Trop accaparée ces derniers jours par mon travail et par ma décevante saucisse-cocktail, j'en ai presque oublié d'être excitée comme une puce!

Ce voyage, c'est un cadeau que j'ai décidé de m'offrir à la fin de mon doctorat. Une récompense que je m'octroie. Cela fait longtemps que je n'ai pas voyagé. Je veux dire: voyagé culturellement. La dernière fois, c'était au Mexique, dans le Yucatan, en 2001. Le grand tour des sites mayas: Tulum, Coba (pyramide perdue au coeur de la forêt: véritable coup de coeur!), Chichen Itza, Labna, etc. Cette année, le Pérou. Au programme: Lima, las Islas Ballestas, Nazca (oui, je sais: les petits avions qui survolent les fameuses lignes ont une nette tendance au crash en ce moment, mais je ne peux décemment pas passer par Nazca sans tenter l'expérience!), Cuzco et son fameux Machu Picchu, le lac Titicaca, la ville blanche d'Arequipa et j'en passe. Tout un programme...

Je suis un peu stressée car je pars seule avec un groupe anglophone (des Anglais d'Angleterre: je sens qu'on va encore se moquer de mon accent français!) et je ne parle que peu espagnol. Sans compter que mes valises sont loin d'être bouclées!

Alors je vous retrouve dans deux semaines pour vous raconter ce que m'a dit le grand prêtre au moment du sacrifice, et comment j'ai échappé de justesse à la trépanation... Également pour vous abreuver de quelques potins sur ma relation avec A., car les jours se suivent et ne se ressemblent pas... Hasta la vista!



par Miss Gaby publié dans : Voyages
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Lundi 4 août 2008
Depuis l'épisode du Moomba, j'ai choisi de ne plus jouer aux échecs avec A. À la place, je joue à la bataille navale. Je vous explique: sur ma grande grille de l'amour, j'ai placé un paquebot de 4 cases. En fait, ce paquebot, c'est un peu mon ''love boat''. À chaque fois que A. le touche, il s'enfonce un peu plus. À la quatrième attaque, il coule.

Premier coup: Moomba en C4. Touché(e)!

***

J'ai téléphoné à A. samedi matin. Très naïvement, je pensais que puisque nous nous étions peu vus pendant la semaine, nous passerions notre samedi soir ensemble:

- Désolé, je ne peux pas. J'ai prévu de sortir avec ma stagiaire.
- ...
- Ça ne va pas? J'ai l'impression que tu es déçue?
- Oui. Effectivement, je suis déçue, articule-je en déglutissant.
- Gaby, il va falloir qu'on clarifie certaines choses toi et moi.
- Vas-y...
- Écoute, je peux venir chez toi après ma soirée. Je serai là à minuit. Ça te va?
- Oui.

Stagiaire en C5: touché(e)!

***

Onze heures quarante cinq. Minuit. Minuit et quart. Il ne viendra pas. Non, non Gaby! Il viendra. Arrête de dramatiser. Minuit et demi. Non, il ne viendra pas. De toutes façons, ce qui arrive est de ma faute: je ne suis pas assez intéressante pour qu'il ait envie de me consacrer son samedi soir, mais je peux parfaitement faire l'affaire pour la nuit. Et me voilà plantée dans mon salon un samedi soir à l'attendre bêtement. Je suis une idiote. Une cruche. Je n'aurais jamais dû accepter qu'il vienne ce soir. Anyway, minuit quarante, il ne viendra plus.

Une heure moins le quart. Driiiiing!!!!!

- Tu n'as pas l'air contente. Qu'est-ce qui ne va pas? demande A.
en me serrant dans ses bras tandis que, raide et les bras croisés, je ne l'enlace pas.
- Tu rentres d'une fucking soirée en tête-à-tête avec ta stagiaire et en plus tu as le culot de te pointer chez moi avec trois quarts d'heure de retard, voilà ce qui ne va pas man! Je dois te parler.
- Pas maintenant... soupire-t-il.
- Si, maintenant. Tu m'as dit que tu voulais clarifier certaines choses?
- Oui.
- Lesquelles?
- Ce que tu attends de notre relation.
- Très bien. Premièrement, si j'avais voulu une histoire de cul, tu peux être certain qu'après ta performance du premier soir, je ne t'aurais jamais rappelé.
- Pourquoi?
- Parce que tu as une petite queue c'était nul. Donc, ça veut dire que je veux davantage qu'une simple histoire de cul.

A. sourit.

- Ensuite, ça ne prend pas un livre sur les femmes (A. a un livre de chevet intitulé ''Tout ce que vous voulez savoir sur les femmes sans jamais le demander'') pour savoir qu'une femme se sent inconfortable lorsque son homme part passer une soirée avec une autre sans lui avoir demandé son avis.
- ...
- Ce qui peut vouloir dire deux choses: soit tu ne comprends strictement rien aux femmes, soit tu n'es pas vraiment intéressé à moi.
- Je suis intéressé à toi, mais je ne sais pas si tu l'es toi aussi. Depuis le début, j'ai l'impression que tu peux me flusher, comme ça, du jour au lendemain. Alors je ne m'avance pas. Comme tu ne m'avais rien dit pour ce soir, j'ai accepté l'invitation de Nathalie.

Vlan Gaby! Dans les dents.

- Dans ce cas, je suis intéressée à toi, et je veux que tu le saches.

A. se lève, sourit, me serre contre lui.

- Nous y voilà donc enfin: samedi 2 août, tu es intéressée à moi.

***

Nuit de tendresse. Il y a un homme dans ma vie, c'est officiel! Je passe la journée du dimanche à le caliner, à l'embrasser, j'ai parfois peur d'en faire trop. Je me retiens. En fin d'après-midi, nous partons danser au Vieux Port.

- A.? Un dernier point dont je voudrais être certaine: est-ce que j'ai le droit de t'embrasser devant tes amis maintenant?
- Heu... Ça dépend.
- Pardon?
- Ça dépend des circonstances.
- C'est une question fermée: tu réponds par oui ou par non. C'est simple.
- Je ne sais pas.

Mauvaise réponse en C6: touché(e)!

***

Lundi soir. Mon paquebot est bien mal en point. Pour être franche, j'ai l'impression d'être sur le Titanic en ce moment. Et je peux vous affirmer que Léonardo di Caprio n'est pas à bord. A., c'est un peu comme les montagnes russes (les sensations en moins). Et les montagnes russes, en ce moment, je n'ai pas besoin de ça.
Lilith a raison: il va falloir que je pense à réintégrer le monde des filles célibataires qui n'aiment pas les micro-pénis. ''Parce que les micro-pénis, c'est comme les moches: c'est pas pour ça qu'ils sont moins cons...''.


par Miss Gaby publié dans : A. communauté : Relations amoureuses
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Mardi 29 juillet 2008
23h15. Grosse meurtrissure suite à action stupide résultant d'une curiosité maladive. Ne pas pleurer. Ne pas sombrer. Coucher les sentiments sur le papier. Les décortiquer, les faire sortir au plus vite.

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Cher Ex,


Ce qu'il y a d'excitant, quand on gagne beaucoup d'argent (comme toi depuis que tu as recommencé à travailler), c'est qu'on peut emmener sa nouvelle flamme passer une fin de semaine de rêve dans un hôtel de luxe. À Mont-Tremblant par exemple. Dans une chambre avec lit King. J'aurais bien aimé, moi aussi, que tu me fasses ce genre de surprise. C'est dommage qu'en neuf ans, je n'aie jamais eu ce plaisir (je me rappelle qu'à chaque fois que nous partions en week-end, tu refusais catégoriquement de coucher à l'hôtel, prétextant que nous serions mieux à dormir sur le canapé du cousin Machin ou dans le sous-sol de la cousine Chose).
En plus, tu as toi même fait les réservations pour l'hôtel! Voilà qui ne serait pas arrivé à mon époque. Félicitations pour cette prise d'initiative, soit dit en passant, quelque peu inattendue de ta part!

Je trouve donc qu'Annie B. a de la chance. Je la trouve jolie aussi. Sur sa photo, que j'ai vue sur Facebook, elle me ressemble un peu. En plus belle. En plus mince. Et en plus jeune, évidemment. Tu as bien fait de changer de modèle. L'ancien était périmé, comme tu te plaisais souvent à le dire. Sans doute trop usé et trop aigri. Je me demande pourquoi. Ou par quoi.

Je ressens une espèce de vague à l'âme ce soir. Sarah m'avait pourtant prévenue: lire tes courriels était sans nul doute une très mauvaise idée. Mais que veux-tu? Puisque je n'ai jamais eu d'explication
(j'aurais apprécié que tu fasses l'effort de répondre à cette longue lettre que je t'ai écrite en avril), il fallait que je trouve des réponses par d'autres moyens. Je savais que le moment viendrait. Que tu me remplacerais. Je voulais savoir quand, et par qui. Voilà qui est fait. Désormais, je ne cours plus le risque de fondre en larmes en t'apercevant, dans une rue de Montréal, au bras d'une inconnue. Je suis avertie. Je peux me préparer psychologiquement à cette image. Je n'ai plus à redouter ce moment.

J'aimerais que nous fixions une date pour que tu viennes chercher tes affaires restantes. Tu sais, cela fait déjà sept mois que tu es parti. J'aimerais me réapproprier l'appartement, ce qui pour moi signifie ne plus voir tes reliques autour de moi. Il faut me comprendre: je suis dans une phase de colère (doublée ce soir d'une très grande tristesse, je l'avoue). Cela m'arrive périodiquement depuis que tu es parti. Dans ces moments, je ne peux m'empêcher de penser que je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi lâche et d'aussi égoïste. Au cours d'une conversation, je constatais d'ailleurs très récemment que si je t'avais donné des dizaines de chances, tu ne m'en avais laissé aucune. Ainsi, dans ces instants-là, ce n'est pas tant toi que ma crédulité, ma naiveté, mon aveuglement, mon entêtement, mon acharnement à t'aimer, t'aimer et te soutenir encore, que je hais.

Je tombe de sommeil. Ce doit être l'émotion. Ah oui! Avant d'aller me coucher, une dernière chose: j'ai changé le mot de passe de ton courriel. Sur le coup, ça m'a fait rire (ou plutôt, sourire... - tu comprends sans doute que je n'ai pas le coeur à rire aujourd'hui...- ), mais après quelques minutes, j'ai réalisé que c'était incroyablement chien. Que tu allais certainement perdre beaucoup d'informations importantes. Et je ne veux pas être chienne. Enfin, pas trop. Alors voici ton nouveau mot de passe:

E-G-O-I-S-T-E

Fais en bon usage!


Sincèrement,


Gabrielle.

par Miss Gaby publié dans : Ex communauté : Célibataires en chemin...
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Jeudi 24 juillet 2008
'' - L'amour, c'est comme un jeu d'échecs, m'a dit A. un soir. En fonction de ce que tu me montres de toi, je place mes pions. Tu sais jouer aux échecs?''

Je ne savais pas jouer aux échecs, mais j'ai trouvé ça ''fair''. Comme je n'étais pas certaine de mes sentiments et que je ne voulais pas qu'il se blesse à mon contact, je lui ai tout dit. J'ai répondu patiemment à toutes ses questions, même lorsque mes réponses pouvaient le blesser. Et en fonction de mes réponses, A. a placé ses pions sur son grand échiquier de l'amour.

Je ne sais pas jouer aux échecs, et en amour, je n'obéis qu'à l'intuition. Alors c'est un peu au hasard que moi aussi j'ai déplacé mes pions. Vers l'avant.

***

Je téléphone à Sarah.

- Est-ce moi qui réagis excessivement ou est-ce que j'ai raison de penser qu'il aurait dû me le dire?
- Il aurait dû te le dire.

J'ai appelé A. hier soir. Je n'avais pas eu de nouvelle de lui depuis dimanche. Il était au Moomba, avec des amies à lui. Dans une soirée latine-érotique. Jolie thématique.

Je ne suis pas d'un naturel possessif, je ne suis pas maladivement jalouse. Néanmoins, quelquechose en moi me dit qu'à ce stade de notre ''non-relation'', il aurait dû me parler de cette soirée.

- Comment ai-je pu penser une seconde qu'un gars qui me saute 4 fois par semaine depuis 1 mois et qui m'invite à souper chez sa mère puisse éprouver des sentiments pour moi? Je suis vraiment trop naïve!
- Laisse tomber Mini-Queue, marmonne Sarah. Rappelle le pompier. Ça va te faire du bien. Tu n'es pas encore prête pour la monogamie...

***

Je ne sais pas jouer aux échecs, mais hier soir, après avoir raccroché, j'ai déplacé tous mes pions de trois cases vers l'arrière...

par Miss Gaby publié dans : A. communauté : Relations amoureuses
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Mercredi 23 juillet 2008




par Miss Gaby publié dans : Fourre-tout inclassable
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Lundi 14 juillet 2008
C'est comme si un ouragan était passé dans ma vie! Cette fin de semaine, j'ai passé plus de 24 heures d'affilée avec A. J'ai même été invitée à souper chez sa mère, qui est adoooorable! Et aujourd'hui, il m'a téléphoné 3 fois, dont une fois pendant plus d'une heure... Suis-je dans une relation???


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par Miss Gaby publié dans : A. communauté : Relations amoureuses
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Jeudi 10 juillet 2008
Cela fait maintenant 6 mois qu'Ex est parti. Temps de dresser un premier bilan!

Les deux premiers mois de la séparation ont été à la fois durs et faciles. Durs, car il s'agissait d'une période particulièrement stressante de ma vie professionnelle. Une période durant laquelle j'aurais, plus que tout, eu besoin de son soutien. Faciles, car j'ai vécu une sorte de déni. Quelquepart en moi, je nourrissais cette idée qu'il était faible, que j'étais plus forte que lui, qu'il avait besoin de moi, qu'il reviendrait. Je me suis trompée. Quelquepart en lui, Ex avait trouvé cette force d'enfin prendre une décision. Et de s'y tenir.

Troisième mois. Cuba. Prise de conscience: Ex m'a quittée après 9 ans de vie commune, sans même une explication. Je rage, je pleure, je hurle. Je décide d'oublier. Pour cela, je multiplie les aventures. Une solution factice. Je rencontre des hommes, plus que je n'en ai jamais rencontré. Des hommes qui, en échange d'une baise rondement menée, m'apportent le temps d'une heure, d'une soirée, mais jamais d'une nuit, des bribes de tendresse. Car si mon agenda n'a jamais été aussi rempli, je ne me suis jamais sentie aussi vide.

Je n'ai jamais vécu seule par le passé. La vie de célibataire est pour moi un apprentissage. Je tourne en rond dans mon appartement. Cet appartement que j'ai partagé avec lui tant d'années et que je n'ai pas eu le courage de quitter. Je tourne en rond. Je n'ai le goût de rien. Ni de lire, ni de cuisiner. Ni de faire le ménage. Je tombe en état de blues. Nous étions si proches du but: la maison, les enfants. Quel gâchis. Dans ces moments-là, je pourrais me tailler les veines si j'étais suicidaire. La solution: sortir ou déboucher une bouteille de vin. Si je n'étais pas sortie autant ces derniers mois, j'aurais une cirrhose du foie à l'heure où j'écris ce billet.

Parfois, je me dis que je suis bien, comme ça, célibataire. Célibataire, je peux tout faire! Danser, rentrer à l'heure qui me plaît, ne pas rentrer du tout. Écouter de la musique kitsh. Pleurer sur du France Gall. Fumer. Fumer dans le noir en écoutant Marianne Faithfull. Quelle liberté! Et puis, j'ai mon harem d'hommes. Je me surprends à aimer sauter de l'un à l'autre. Sans me poser de question. Les aimer tous un peu, sans les aimer vraiment. Mais les hommes qui passent, parfois, c'est un peu comme dans la chanson de Patricia Kaas: ''Qu'est-ce que j'aimerais en voler un pour un mois pour un an...''.

Il y a des jours où il me manque terriblement. À me crisser la tête contre les murs. Samedi soir, j'ai éclaté en sanglots dans les bras de Sarah. Il faut dire que j'étais sacrément alcoolisée, et que l'alcool accentue les perceptions. C'était la première fois que je pleurais en public depuis notre rupture. Il me manque. Notre vie à deux, que dans ces instants j'idéalise, me manque. Et pourtant, je ne pourrais pas revivre avec lui.

Nous nous sommes revus pour la première fois la semaine passée. Nous sommes allés marcher dans le Vieux Port. Je pensais qu'il me parlerait. Qu'il m'expliquerait. Après 6 mois de silence et d'absence, j'espérais obtenir de lui cette pièce manquante du puzzle. Comme rien ne venait, je lui ai demandé. De m'expliquer. De s'expliquer. ''Je n'ai pas envie d'en parler'', a-t-il lancé. Alors c'est dit. Je dois me résoudre à tourner la page sans avoir eu cette discussion qui m'importait tant, ce closure, comme l'appellerait Sarah.

Je m'enlise dans ma vie actuelle. Je dois la reconstruire. À mon image. Lui donner un nouveau souffle. Peut-être en changeant de carrière. Plus probablement, en changeant de pays. J'y pense de plus en plus souvent, de plus en plus sérieusement. Je me rappelle avoir recopié, quelques mois avant la rupture, cette phrase d'Amélie Nothomb:

'' [...] On devrait toujours avoir quelquechose à fuire, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelquechose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut échapper à soi-même. Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s'en va: le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.''

Amélie Nothomb, Ni d'Ève ni d'Adam, 2007.


C'est peut-être par là que je dois passer. Par le dépaysement. Par un nouveau défi. Je vais me donner encore quelques mois pour décider. L'été, l'automne, et peut-être les premiers frimas.

Je vous laisse là pour ce soir...



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Samedi 5 juillet 2008
Myrtille, Sarah et moi sommes attablées dans un restaurant réunionnais du Plateau.

- Écoutez les filles... Il y a quelquechose dont je voudrais vous parler, mais j'aimerais que cela reste entre nous, dis-je.
- Quoi donc? questionne Sarah, les yeux brillants de curiosité.
- Et bien, c'est un peu compliqué à expliquer. Vous vous souvenez de A., le gars avec qui j'ai dansé cette bachata tellement collée?
- Oui... Tu n'avais pas rendez-vous avec lui vendredi dernier d'ailleurs? Comment ça s'est passé? Raconte! On veut tout savoir! ordonne Myrtille en remplissant généreusement mon verre de rosé.
- C'est justement ça le problème. Il m'a emmenée au restaurant...
- Et il a payé l'addition au complet ou il l'a séparée en deux?
- Il l'a séparée en deux.
- Hum. Je vois. Laisse tomber... marmonne Sarah en engloutissant une olive kalamata.
- Non, ce n'est pas ça le problème! Après le restaurant, on est allé se promener dans le parc, au bord du lac. On s'est embrassé... Et je l'ai invité chez moi.
- Wooow!!! Caliente!!!
- Je sais. Chez moi, nous nous sommes embrassés pendant longtemps, il m'a déshabillée... C'était vraiment chaud-bouillant. J'avais l'impression de la connaître depuis des années. Ensuite, on est allé dans ma chambre.
- Des détails! Des détails!!!! martèlent les filles en choeur.

***

Devant mon désarroi, Myrtille me ressert une rasade de rosé:

- Petit mais... petit comment? Comme ça? Comme ça? demande-t-elle en mimant différentes longueurs.
- Non. Encore plus petit.
- De toutes façons, c'est pas la longueur qui compte, c'est le diamètre, récite Sarah.
- Parlant de diamètre, c'était pas beaucoup mieux...
- Alors laisse tomber: moins de 15 centimètres, ce n'est pas un homme. C'est un sous-homme. Ça ne compte pas comme une baise.
- Arrête Myrtille... 15 centimètres, c'est beaucoup, contredit Sarah. Non mais sérieux, c'est combien la moyenne, vous savez?
- Je ne sais pas, mais c'est plus grand que ça... Beaucoup plus grand, dis-je en avalant mon verre de rosé.

***

On a commandé un rougail de saucisses. Je soupire en voyant la saucisse de 4 centimètres de diamètre pour 15 centimètres de longueur qui s'étale dans mon assiette.

- Il paraît que la taille des mains est un bon indicateur de la taille du membre. ''Grrrrosses mains, grrrrosse péniche!'' s'esclaffe Myrtille, imitant l'accent portugais.
- Ah ouai? Et ton A., il a des mains comment? s'enquiert Sarah.
- Petites.
- Et ben voilà!

***

- Non mais sérieusement, qu'est-ce que je fais, les filles?
- Tu arrêtes. Ça ne sert à rien. C'est trop petit, rugit Myrtille.
- Ça dépend, nuance Sarah. Parfois, les hommes ''moins bien équipés'' compensent avec certains mouvements... Et puis, il paraît que le point G est situé à 4 cm de l'entrée du vagin. Donc, techniquement, 4 centimètres, c'est suffisant. Tu devrais lui laisser une chance. Remarque, moi, si j'étais à ta place, ça ne me tenterait pas spécialement...
- Mais c'est cruel non? Avant ça, il me plaisait. Je ne peux quand même pas lui dire: ''Désolée, tu ne me plais plus, ton pénis est trop petit!''. C'est vrai quoi... Ça serait vraiment superficiel. Et puis, qui me dit que mon vagin est spécialement grand?

***

Je ne savais pas quoi faire avec A. J'ai réfléchi longtemps. La sexualité dans un couple, c'est important. Que faire lorsqu'on ne ressent rien physiquement? Est-il superficiel de refuser une relation avec un homme sous prétexte que son pénis est ''trop petit''? À partir de quand un pénis est-il ''trop petit''? Qu'est-ce que la normalité? La taille est-elle garante de l'intensité du plaisir? Et Sarah a-t-elle raison lorsqu'elle affirme que A. peut compenser par certains mouvements?

Je réfléchissais en triturant nerveusement mes cheveux lorsque le téléphone a sonné. C'était mon amie Alexia. Alexia a accouché d'une jolie petite fille il y a quelques mois. Malheureusement, le corps du bébé est recouvert par un naevus géant. Une sorte de grain de beauté immense qui s'étend sur la moitié de la poitrine, la moitié du dos et une partie des bras.

- À l'hôpital, ils ne recommandent pas de l'opérer, s'inquiète Alexia. Ils disent qu'ils ne sont pas familiers avec ce genre d'opérations. Mais comment va-t-elle faire dans sa vie adulte? Dans sa vie de femme? Comment est-ce que ma fille va expliquer à un homme, à 20 ans, à 30 ans, qu'une partie de sa poitrine est noire et recouverte de poils? Quel genre d'homme va vouloir l'aimer?
- Un homme intelligent, qui saura comprendre que Rosie est différente, mais que c'est une femme comme les autres, dis-je avec autorité, pour rassurer mon amie.

Mes mots m'ont percutée. Machinalement, je venais de lancer une jolie phrase, une phrase de livre, tout simplement pleine de bon sens, logique et sensée. Pourtant, j'étais incapable de l'appliquer à ma propre expérience de vie.

À cet instant, j'ai décidé d'essayer d'être moi aussi une femme intelligente, capable de comprendre que certaines personnes sont différentes. Que cette différence n'est pas éliminatoire. J'ai rappelé A. Nous nous sommes vus plusieurs fois depuis les deux dernières semaines. Et croyez le ou non, Sarah avait raison...



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Vendredi 27 juin 2008

J'ai été taguée par Lilith (qui fume... c'est mal!!!!). Pour la peine, j'ai décidé d'écrire en Comic. comme elle... Ça lui apprendra!

Alors, voici la règle du jeu : il faut prendre le premier livre qui vous tombe sous la main... ouvrir la page 123... prendre la phrase n°5 et les trois phrases suivantes... recopier les 4 phrases... et les mettre là.

J'ai pris un livre. Pas le premier, heureusement pour vous. Comme c'était un dialogue, 4 phrases, c'était trop court à mon goût. J'ai donc recopié 5 répliques à partir de la phrase n°5 de la page 123...

- J'ai dit ferme ta gueule, vieille câlice!
- Tu oses me dire ça! T'es méchante en criss! T'es contente, hein, quand je m'inquiète? T'es contente, hein, quand ça va mal?
- Arrête! Arrête! Arrête!
- Je suis chez moi ici et si je veux, je vais continuer toute la nuit!
- Arrête! J'en peux pus!

C'est un passage de Borderline, de Marie-Sissi Labrèche. Il s'agit d'une fiction auto-biographique... Très auto-biographique et pas beaucoup fiction, en fait. L'héroïne, Sissi, a une personnalité ''borderline'', ou encore une personnalité limite. En kaléidoscope, elle nous raconte les moments marquants de sa vie, de son enfance au début de l'âge adulte. Élevée dans le quartier Hochelaga (un quartier très pauvre de Montréal) par une mère psychiatrisée et une grand-mère manipulatrice, elle nous expose ses états limites, dans un langage très cru, et nous livre parfois des détails sordides de son existence...

Personnellement, ayant côtoyé pendant plusieurs années une collègue de bureau borderline, j'ai été accrochée par la quatrième de couverture, que je me permets de retranscrire ici.

Je suis borderline. J'ai un trouble de limites. Je ne fais pas la différence entre l'extérieur et l'intérieur. C'est à cause de ma peau qui est à l'envers. C'est à cause de mes nerfs qui sont à fleur de peau. Tout le monde peut voir à l'intérieur de moi, j'ai l'impression. Je suis transparente. D'ailleurs, tellement transparente qu'il faut que je crie pour qu'on me voie.

Récit poignant. Texte criant, déchirant. Trop. J'ai été écoeurée, au sens propre du terme, à la moitié du livre. C'était trop dur, je n'ai pas pu continuer. Faudrait bien que je retente l'expérience un de ces jours...

En conclusion, je taggue:
La Salamandre (ha!!! fallait pas te manifester sur mon blog!!!), et Rom qui a toujours un virus sur son compte hotmail (je dis ça comme ça, mais change ton mot de passe et ça devrait s'arranger!!!).

par Miss Gaby publié dans : Fourre-tout inclassable
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