Mercredi 3 septembre 2008
Je suis finalement de retour!!! La reprise a été tumultueuse (4 jours de travail et je suis déjà stressée!) et je n'ai pas
eu le temps de poster depuis mon retour. Mille excuses! Je compte bien me rattraper d'ici les prochains jours et vous livrer quelques ''chroniques andines'' de mon cru... Voici la première!
Bonne lecture!
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Maudit avion. Maudite compagnie! Je déteste American Airlines. Pas fichus de respecter leurs horaires! Sans compter que leurs satanés sandwichs à la dinde sont infects, en plus d'être hors de prix. J'haïs American Airlines! Quoique ce n'est pas vraiment de leur faute s'il y a une tempête à Miami, et que nous tournons en rond au-dessus de l'aéroport depuis cinquante minutes faute de pouvoir atterrir. De toutes façons, le commandant de bord nous a assurés qu'il y a avait suffisamment d'essence pour tenir encore quelques heures, et même pour retourner à Montréal sans encombre. Sympa, non?
Sauf que moi, ça ne me tente pas vraiment de retourner à Montréal, puisque c'est à Lima que je dois me rendre. Et ça ne me tente pas non plus de continuer à faire des cercles autour de l'aéroport tout en m'empiffrant de sandwichs à la dinde alors que ma correspondance est dans seulement quarante minutes. Pas question de rater mon ''connecting flight''. Je veux atterrir!!! Quoique si mon vol actuel ne peut pas atterrir, il est très probable que l'avion pour Lima ne puisse pas non plus décoller...
Ce que je déteste des aéroports, c'est que je vois toujours ma vie y défiler en cinémascope. Qui suis-je? Où vais-je? Que veux-je? Le lieu par excellence des questions existencielles...
Où en est ma relation avec A.? Après le coup des échecs et l'épisode de la bataille navale, j'ai un peu levé le pied. Je me suis dit que j'allais rester avec lui jusqu'à mon départ pour le Pérou et que j'aviserai à mon retour. Mais voilà: dans la semaine qui a précédé mon départ, A. a été tout simplement ''A.dorable'' avec moi. En plus des nuits calines qu'il a insisté pour que nous passions ensemble, il a silloné Montréal en voiture pour me dénicher un sac à dos neuf, et m'a même accompagnée à l'aéroport où tout s'est terminé par un très très long baiser sous l'oeil médusé des douaniers américains. Décidément, je ne sais plus quoi penser...
Et Ex, qui n'est toujours pas venu récupérer ses meubles. S'il ne vient pas d'ici la fin du mois de septembre, je jette tout. Ou mieux: je donne les meubles à un organisme de charité! Non, je ne peux pas faire ça. Je n'en aurai jamais le coeur... Pourtant, il faudrait.
Sans parler de ma carrière. Ou plutôt, de ma non-carrière. Car j'ai beau guetter les opportunités, les postes affichés, rien ne semble se débloquer dans mon domaine. D'ailleurs, est-ce que je veux vraiment continuer à travailler dans ce domaine? Comment avancent les autres? Pourquoi ai-je toujours l'impression de stagner? Pourtant, j'ai un bon salaire. Et certains aspects de mon travail m'amusent. Mais j'aimerais tellement avoir un vrai statut! Un poste, oui, c'est ça! Un poste permanent. J'en ai plus qu'assez des contrats temporaires qui s'accumulent sur mon bureau. Je voudrais un vrai travail, une reconnaissance. Est-ce trop demander?
Avec plus de cinq heures de retard, l'avion pour Lima décolle enfin. Lorsque j'arrive à l'hôtel, il est deux heures du matin. Juste le
temps de me rafraîchir et de faire un petit somme. La dame de la réception me l'a répété deux fois: le départ du groupe est prévu à cinq heures. À pas de loups, j'entre dans la chambre 304. Jade
G. (j'ai lu son nom sur la fiche de l'hôtel) est ma compagne de chambre pour les deux prochaines semaines. Elle émet un grognement sourd lorsque j'allume le néon de la salle de bains. Je remarque
que son sac de voyages est posé sur le deuxième lit. Je le soulève et le pose à terre le plus délicatement possible avant de me glisser dans les draps. Jade grogne de nouveau et enfouit sa tête
sous les couvertures. Dans la pénombre, je distingue vaguement son corps, un peu gros, un peu trappu. Mon dieu, pourvu que cette Anglaise malcommode ne me déteste pas déjà!
Cette nuit-là, je m'endors avec difficulté. J'ai du mal à réaliser que je suis à Lima, et que dans quelques heures seulement, nous serons en route pour les îles Ballestas...
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Maudit avion. Maudite compagnie! Je déteste American Airlines. Pas fichus de respecter leurs horaires! Sans compter que leurs satanés sandwichs à la dinde sont infects, en plus d'être hors de prix. J'haïs American Airlines! Quoique ce n'est pas vraiment de leur faute s'il y a une tempête à Miami, et que nous tournons en rond au-dessus de l'aéroport depuis cinquante minutes faute de pouvoir atterrir. De toutes façons, le commandant de bord nous a assurés qu'il y a avait suffisamment d'essence pour tenir encore quelques heures, et même pour retourner à Montréal sans encombre. Sympa, non?
Sauf que moi, ça ne me tente pas vraiment de retourner à Montréal, puisque c'est à Lima que je dois me rendre. Et ça ne me tente pas non plus de continuer à faire des cercles autour de l'aéroport tout en m'empiffrant de sandwichs à la dinde alors que ma correspondance est dans seulement quarante minutes. Pas question de rater mon ''connecting flight''. Je veux atterrir!!! Quoique si mon vol actuel ne peut pas atterrir, il est très probable que l'avion pour Lima ne puisse pas non plus décoller...
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Ce que je déteste des aéroports, c'est que je vois toujours ma vie y défiler en cinémascope. Qui suis-je? Où vais-je? Que veux-je? Le lieu par excellence des questions existencielles...
Où en est ma relation avec A.? Après le coup des échecs et l'épisode de la bataille navale, j'ai un peu levé le pied. Je me suis dit que j'allais rester avec lui jusqu'à mon départ pour le Pérou et que j'aviserai à mon retour. Mais voilà: dans la semaine qui a précédé mon départ, A. a été tout simplement ''A.dorable'' avec moi. En plus des nuits calines qu'il a insisté pour que nous passions ensemble, il a silloné Montréal en voiture pour me dénicher un sac à dos neuf, et m'a même accompagnée à l'aéroport où tout s'est terminé par un très très long baiser sous l'oeil médusé des douaniers américains. Décidément, je ne sais plus quoi penser...
Et Ex, qui n'est toujours pas venu récupérer ses meubles. S'il ne vient pas d'ici la fin du mois de septembre, je jette tout. Ou mieux: je donne les meubles à un organisme de charité! Non, je ne peux pas faire ça. Je n'en aurai jamais le coeur... Pourtant, il faudrait.
Sans parler de ma carrière. Ou plutôt, de ma non-carrière. Car j'ai beau guetter les opportunités, les postes affichés, rien ne semble se débloquer dans mon domaine. D'ailleurs, est-ce que je veux vraiment continuer à travailler dans ce domaine? Comment avancent les autres? Pourquoi ai-je toujours l'impression de stagner? Pourtant, j'ai un bon salaire. Et certains aspects de mon travail m'amusent. Mais j'aimerais tellement avoir un vrai statut! Un poste, oui, c'est ça! Un poste permanent. J'en ai plus qu'assez des contrats temporaires qui s'accumulent sur mon bureau. Je voudrais un vrai travail, une reconnaissance. Est-ce trop demander?
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Cette nuit-là, je m'endors avec difficulté. J'ai du mal à réaliser que je suis à Lima, et que dans quelques heures seulement, nous serons en route pour les îles Ballestas...


'' - L'amour, c'est comme
un jeu d'échecs, m'a dit A. un soir. En fonction de ce que tu me montres de toi, je place mes pions. Tu sais jouer aux échecs?''


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